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mardi, octobre 27, 2009

Sous le regard de Picasso

Souvenir d'Antibes , pour Marianne Attanasio
(Prêt à partir)

Voyelles



Quelques couleurs pour
Annie Garrido
celles
des
Voyelles de Rimbaud

A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,

Golfes d'ombre ; E, candeurs des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrement divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux !

Arthur Rimbaud


jeudi, octobre 22, 2009

Poètes, vos papiers !

Papier bronze doré, papier gauffré


Au recto: chat( quelque peu fantômatique) ...Ce support à l'apparence de papier cadeau (cliquez pour agrandir) étant assez délicat à impressionner .

Au verso: Portrait de Rimbaud, sur papier à grain fort .
Aube


J'ai embrassé l'aube d'été. /

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombre ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.
/

La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
/

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse. /
Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassais. En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps.

L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.
/

Au réveil il était midi.

Pour Servane


vendredi, octobre 16, 2009

Laissez parler les p'tits papiers


Papier de soie fragile et froissé pour 4 autoportraits d'automne.
Papier avec impressions végétales pour l'enveloppe.

Lu dans Journal d'un lecteur d'Alberto Manguel (Actes Sud)

Sei Shonagon:
"Parfois le monde m'irrite et m'ennuie; certes il me semble impossible de vivre un instant de plus. Je voudrais m'en aller et me perdre je ne sais où; mais si, alors, je mets la main sur du joli papier ordinaire, très blanc, sur un bon pinceau, sur de l'épais papier blanc de fantaisie, ou sur du papier de Michinoku, je me sens disposée à rester encore un peu sur cette terre, telle que je suis ."

(Envoi prévu pour le mois de novembre : circulaire 132 , à l'intention de R.F Côté)

mardi, octobre 13, 2009

Automne


Signe
Je suis soumis au Chef du Signe de l'Automne
Partant j'aime les fruits je déteste les fleurs
Je regrette chacun des baisers que je donne
Tel un noyer gaulé dit au vent ses douleurs

Mon Automne éternelle ô ma saison mentale
Les mains des amantes d'antan jonchent ton sol
Une épouse me suit c'est mon ombre fatale
Les colombes ce soir prennent leur dernier vol

Apollinaire, Alcools