Propriété intellectuelle

Licence Creative Commons
Cette œuvre est mise à disposition selon les termes de la Creative Commons Licence 3.0 France - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les mêmes Conditions.

vendredi, décembre 30, 2005

ma corde à linge sous la neige



Un petit air canadien pour ma corde à linge: la neige est tombée en Normandie !Et elle tient! Meilleurs voeux pour 2006!
En feuilletant Les mots de la francophonie de Loïc Depecker, "le français retrouvé" (Belin), j'ai découvert qu'au Québec :
"notre pince à linge sert aussi à suspendre le linge, mais s'y nomme plutôt épingle ou broche à linge "
Même source :l'expression "passer la nuit sur la corde à linge" signifie au Québec:" passer la nuit à faire la fëte " !!!
Joyeuses fêtes !!!!!!!!!!!

Première neige
la cour négligée
maintenant parfaite
Elizabeth Saint-Jacques Haiku, Poésies anciennes et modernes Ed VEGA

mercredi, décembre 28, 2005

Et je m'en vais, au vent mauvais...













"Le vent va être fort, en automne..." Thème propulsé par l'Allantoïde...
Mon envoi, poussé par le vent, à la rencontre du cerf- volant de Jean- Luc
"Et je m'en vais / Au vent mauvais /qui m'emporte/ De çà de là /Pareil à la /feuille morte " Verlaine (Poèmes saturniens )

Ma corde à linge, printemps,été






"Etonnez-moi !Décrivez ce qui sèche sur votre corde à linge..." VAB
Ma réponse, assortie de HaïKaï de ma composition, au fil des saisons

corde à linge, hiver, ours de Pompon (timbre)



Corde à linge , automne



"Etonnez-moi ! décrivez ce qui reste sur votre corde à linge!" VAB
Ma réponse,assortie de HaïkaÏ de ma composition, au fil des saisons


dimanche, décembre 25, 2005

Délires en boîtes

Délires en boîtes

Lorsque j’ai découvert, sur le site de Reine Shad, en mars 2005, le projet d’art postal de Réjean- François Côté (Canada) :
« Envoyez –moi une photo, photomontage ou collage de boîtes aux lettres » ,
je n’ai pas été vraiment emballée : que faire avec un objet aussi standard ?
Cependant, en oulipienne, convaincue des mérites de la contrainte , je me suis mise à réfléchir et à observer .
Et j’ai vu .Des choses étonnantes
Amusantes. Poétiques. Insolites. Emouvantes . Pitoyables : bref, tout l’univers dans quelques boîtes ! Je me suis mise à photographier, découper, coller, juxtaposer, enregistrer, classer,titrer, tirer, retirer, retoucher – en simple amateur !. Je me suis plu à modifier, parfois beaucoup, parfois très peu , pour passer du réalisme au fantastique .
J’ai envoyé à mon correspondant canadien une vingtaine ( ?) de lettres ou cartes postales qu’il a régulièrement exposées sur son blog,-merci, Réjean-François-- j’ai regardé ,admiré les contributions des autres participants et parallèlement, j’ai continué ma collection.
Actuellement, j’ai , dans mon ordinateur, je ne sais combien d’objets consacrés aux boîtes aux lettres, plus deux C. D gravés ,et je prépare une exposition :16 doubles feuilles blanches 24/32 (plus 5 feuilles récapitulatives , simples de même format ) qui seront accrochées à des cordes à linge (si ! si !)
Vais-je sortir de ce thème obsessionnel ?
Mon entourage, qui au début me mettait en boîte, me signale à présent des curiosités intéressantes .
Help !!!!!!!!
Demain, promis, j’arrête les boîtes aux lettres et je mets :
aux marelles (déjà fait )
au fil et autres cordes à linge (idem)
aux phares , ou aux gares ? pourquoi pas ?
Gare aux prochains délires !
Miss Yves

lundi, décembre 19, 2005

Vanité

- Collage: publicité , fleurs séchées papier froissé ,et dans le miroir, reproduction d'A. Warhol _
Elégie
Cloris , lorsque je songe en te voyant si belle
Que ta vie est sujette à la loi naturelle
Et qu'à la fin les traits d'un visage si beau
Avec tout leur éclat iront dans le tombeau,
Sans l'espoir que la mort nous laisse en la pensée,
Aucun ressentiment de l'amitié passée
Je suis tout rebuté de l'aise et du souci
Que nous fait le destin qui nous gouverne ici,
Et, tombant tout à coup dans la mélancolie,
Je commence à blâmer un peu notre folie
Et fais voeu de bon coeur de m'arracher un jour
La chère rêverie où m'occupe l'amour . Théophile de Viau (Oeuvres,1621-1624)

Ravage

98
Qu'est-ce de notre vie?Une bouteille molle
Qui s'enfle dessus l'eau quand le ciel fait pleuvoir
Et se perd aussitôt comme elle se fait voir,
S'entre -brisant à l'heure d'une moindre bricole :
Qu'est-ce de notre vie ?un mensonge frivole
Qui sous ombre du vrai nous vient à décevoir ,
Un songe qui n'a plus ni force ni pouvoir
Lorsque l'oeil au réveil sa paupière décolle .
Qu'est-ce de notre vie ?un tourbillon rouant
De fumière à flots gris parmi l'air se jouant ,
Qui passe plus soudain que la foudre meurdrière .
Puis vous négligerez dorénavant le bien
Durable , et permanent , pour un point , qui n'est rien
Qu'une confle, un mensonge, un songe , une fumière 
J. B. Chassignet (1571_1635)

Os fêlés d'Ophélie

Variations sur thèmes croisés:
Complètement timbrées ...Qui ça ?Ben les enveloppes
( Questions -réponses de Roswitha)

Oh folie
Os fêlés
Dans sa boîte cranienne /au couvercle doré/un prince s'est enfermé/dans sa cage cérébrale /il ne cesse de tourner /une folle fille d'Eros /voudrait le délivrer /si la cage est fragile /les barreaux sont solides /elle a beau les secouer /

Oh folie d'Ophélie
Os fêlés d'Hamlet Prévert, Histoires
(Une de mes réponses timbrées )

eaux, fée, lys

Variations sur thèmes croisés ,
"La mort telle qu'on se l'imagine "

Ophélie
Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys
Flotte très lentement , couchée en ses longs voiles.
On entend dans les bois lointains des hallalis.
...
Et le poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit ,les fleurs que tu cueillis,
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter , comme un grand lys . (Rimbaud)


Le voyage

Pour illustrer le thème proposé par J.Charmouan, la mort telle qu'on se l'imagine, dessin et collage à partir d'un extrait du "Voyage " de Baudelaire :

"Nous nous embarquerons sur la mer des Ténèbres
Avec le coeur joyeux d'un jeune passager .
Entendez- vous ces voix, charmantes et funèbres,
Qui chantent :"par ici! vous qui voulez manger

Le Lotus parfumé! c'est ici qu'on vendange
Les fruits miraculeux dont votre coeur a faim;
Venez vous enivrer de la douceur étrange
De cette après-midi qui n'a jamais de fin ! "

tu ressembles au Lazare affolé par le jour

Thème :
"la mort, telle qu'on se l'imagine " proposé par
Jacky Charmouan
Première étape d'une de mes réponses,inspirée par Alcools, d'Apollinaire

"Nos regardons avec effroi les poulpes des profondeurs
Et parmi les algues nagent les poissons images du Sauveur
...
Epouvanté tu te vois dessiné dans les agates de Saint-Vit
Tu étais triste à mourir le jour où tu t'y vis
Tu ressembles au Lazare affolé par le jour
Les aiguilles de l'horloge du quartier juif vont à rebours
Et tu recules aussi dans ta vie lentement
En montant au Hradchin et le soir en écoutant
Dans les tavernes chanter des chansons tchèques

Te voici à Marseille au milieu des pastèques "

dimanche, décembre 18, 2005

La liseuse

Mon premier mail art ,envoyé à la revue "Beaux Arts" (années 80?)
Collage et découpage /la liseuse à la fenêtre , de Vermeer, v.1658 h/t 83/64,Dresde, Gemäldegalerie,Alte Meister

Pourquoi matérialiser l'invisible ?

C'est ce que fait Vermeer lui_même dans la lettre d'amour, peinte dix ans plus tard après la Liseuse: composition surchargée,tableaux dans le tableau , objets prosaïques , titre, tout relève de la scène de genre , de l'anecdote ,tempérée peut -être par une dimension allégorique .

C'est ce que fait Tracy Chevalier dans La jeune fille à la perle: quel en est le sujet ?Une attente amoureuse déçue, la découverte mi charnelle, mi spirituelle de la peinture ou le rendez-vous manqué avec la transcendance ?Dérisoire et beau souvenir que ces perles restituées au modèle retourné au quotidien ...
Dans La liseuse, en revanche, se dévoile , selon le mot d'Heinrich Wölffin, "l'attrait des choses qui se dissimulent ":
Qu'importe le sujet de la lettre? C'est le sens de l'effacement, par Vermeer, d'une représentation préalable de Cupidon , remplacé par la tenture de droite , aux plis comme soulevés par le souffle de l'esprit .Le minimalisme de la composition, l'ombre, la lumière ambrée, le reflet improbable du visage de la liseuse au carreau de la fenêtre, autant de signes d'une vision platonicienne de la lecture , de la peinture .

"Quand le Pavillon d'Or surgissait dans l'absolu de son éternité, et que je ne voyais plus les choses qu'à travers lui,le monde se métamorphosait de la façon que j'ai dite et, dans ce mondeainsi métamorphosé, seul le pavillon d'Or gardait sa forme, détenait la beauté,tout le reste retournant en poussière ."Le Pavillon D'Or, Yukio Mishima

dimanche, décembre 04, 2005

Florence

Au cours des ans et de mes routes, tout a changé pour moi dit le Codottière.(...) Mais il est un élan presque divin que je retrouve, chaque fois , à Florence; et je ne renoncerai peut-être jamais à faire le voyage pour obtenir encore cette heure délicieuse :je pénètre dans Florence et j'y rejoins, toujours fraîche, la fleur exquise de l'esprit .Une émotion , toute faite de pensée , s'élève de mon désir et de ma chair soudain docile et même insoucieuse .(...)Ici la pensée est plus légère à porter qu'ailleurs.Elle s'offre accomplie et sans mystère elle a le port solide et svelte de la tour de la Seigneurie .Orgueilleuse elle n'est pas inaccessible et même dans le songe elle garde le lien et le sens du réel.
André Suarès, Le voyage du Condottière